miércoles, 12 de junio de 2013

« Le jeune Aira »

Pour Hérnan Vanoli

J'ai rencontré Carolina grâce à une amie commune, début 2004. Elle était de dix ans ma cadette et n'avait jamais eu de relations importantes, en dehors d'un petit ami dans le secondaire. Elle vivait dans un appartement que lui prêtait sa mère, à Monserrat, et avait deux chattes, qui se disputaient les préservatifs usagés.
— Pourquoi se battent-elles ? lui ai-je demandé une fois.
— Pour les préservatifs, m'a-t-elle répondu. Elles les mangent.
J'ai pensé que c'était une plaisanterie, jusqu'au jour où je suis allé dans la salle de bain pendant que l'une des chattes finissait de faire ses besoins dans la litière. Au milieu de la merde, on apercevait clairement l'anneau en caoutchouc opaque d'un préservatif. Parfois,  lorsque nous étions au lit en train de bavarder, nus, l'une des chattes se pointait, tapie, en position d'attaque. Carolina me disait que ce n'était pas grave. Je ne comprends pas comment elles ne mouraient pas étouffées. Vers la fin de l'année, elle m'a invité à dîner avec son père, qui arrivait d'Italie pour les fêtes. En réalité, il ne s'agissait pas de son père, mais de l'homme qui avait partagé la vie de sa mère quand elle était dans le primaire et une partie du secondaire.
— Il est drôle. Il enseigne à l'université de Bologne, m'a-t-elle expliqué.
Carolina passait le CBC d'art. Elle était souriante, sympathique, avait un corps de danseuse et me plaisait. Du coup, j'ai accepté son invitation. Voilà comment, le 14 décembre, j'ai sonné à l'Interphone d'un très vieil immeuble d'Almagro. Il était huit heures et demie du soir, mais il faisait encore jour. La sonnette de l'Interphone a retenti et j'ai poussé la porte. Personne ne m'a rien demandé. Je suis monté dans un ascenseur grillagé. Un homme d'une soixantaine d'années m'attendait sur le palier. Nous nous sommes serré la main.
— Gerardo Salé, s'est-il présenté. Entrez, Carolina n'est pas encore là.
C'était un grand appartement sombre, avec de longs couloirs et du parquet. Salé m'a désigné un fauteuil dans lequel je me suis assis. J'avais apporté une bouteille de vin, que je lui ai tendue. Après avoir mis ses lunettes pour lire l'étiquette, le maître de maison l'a posée sur la table et s'est installé dans un fauteuil en face de moi.
— Je suis là depuis peu, m'a-t-il précisé.
Je lui ai posé des questions et ai fait quelques commentaires. J'étais réellement curieux. Salé était un vieil homme affable et il s'est tout de suite comporté comme l'humaniste de Buenos Aires typique, qui préfère se taire et laisser croire qu'il sait alors qu'en réalité, il ne sait pas plus que les autres. Il m'a raconté que très jeune, il avait été un « fanatique » du Siècle d'Or et que cela l'avait conduit premièrement à étudier à l'université, ensuite à devenir hispaniste. Un peu à froid,  il m'a débité quelques confidences ; le genre qui exige qu'on soit un tantinet plus en confiance avec son interlocuteur.
« Ma mère me lisait Góngora, elle était de León. »
« Quand j'étais étudiant je savais par cœur presque tous les poèmes satiriques de Quevedo. »
« À mon époque, l'hispanisme était très polémique. Aujourd'hui, il ne l'est plus qu'au Mexique ; en Argentine, c'est comme s'il n'avait jamais existé. »
Il me parlait probablement comme à un de ses étudiants. D'après Carolina, il avait enseigné à Princeton et à Brown avant de déménager en Italie.
— Je suis parti en 73. J'étais las de l'université de là-bas, des problèmes de ce pays.
Il m'a raconté qu'en Italie, on ne paye pas aussi bien qu'aux États-Unis « mais, bien sûr, l'Europe, c'est autre chose. »
— Vous allez me demander ce qu'un hispaniste vivant à Bologne peut bien fabriquer. La réponse est qu'à Bologne aussi on a besoin d'hispanistes.
Carolina est arrivée à ce moment-là. Elle l'a longuement embrassé et serré dans ses bras. En lui montrant un plat en métal enveloppé dans un film transparent, elle lui a dit qu'elle apportait des lasagnes spécialement pour lui. Salé l'a lui aussi serrée dans ses bras avec beaucoup de tendresse et a mis le plat dans le four. Ensuite, nous sommes passés dans la salle à manger. Il m'a demandé de déboucher le vin, que j'ai servi dans des verres en cristal taillés. Le pain était très bon. Ç'a été un dîner simple, mais je l'ai apprécié.
— Carolina m'a appris que vous publiez des romans. Malheureusement, je ne connais rien à la littérature contemporaine, a avoué Salé pendant le repas.
Il jouait les Borges, mais il était très affable. J'ai commencé à me demander combien et comment il volait avec les Neuf essais dantesques et Pierre Menard à Bologne. Toutefois, j'ai évité d'aborder le sujet Borges parce que je savais que cela nous mènerait à une série de lieux communs ultra ennuyeux. Non pas que je ne m'ennuyais, mais je n'avais pas non plus d'autres types d'attentes. Maximum, je pouvais en apprendre davantage sur Cervantès, quelques-uns de ces jeux de miroirs, quelques-uns de ces paradoxes séduisants destinés à impressionner les étudiants ayant la vocation de devenir écrivain. Salé a parlé du prix des livres. Il nous a raconté que quand le premier tome du Quichotte avait été publié, en 1605,  les livres étaient rares et très chers. Il a lancé un chiffre : à Madrid,  depuis 1565, on n'avait publié que sept cent titres. Soit sept cent livres en quarante ans. Et on ignorait la quantité d'exemplaires. Il nous a expliqué qu'au début du XVIIe siècle, il y avait si peu de livres, affreusement onéreux de surcroît, que beaucoup de gens les louaient pour les lire et que presque personne ne possédait de bibliothèque. Pas inintéressant à savoir. Le genre de données qui frappent tout lecteur sensible. Toutefois, ce n'est qu'à la fin du repas que la soirée a changé de manière décisive. Il arrive que nous sous-estimons les universitaires, et c'est alors qu'ils nous séduisent et prennent le dessus.
— Un jour, j'ai rencontré un très jeune écrivain. Au début des années quatre-vingt. Il travaillait dans une librairie du centre qui appartenait à un de mes amis. Une librairie de livres anciens, Calle Junin, je crois. J'y allais pour voir mon ami et discuter avec lui. Il s'appelait Cesar Aira. Je suppose qu'il est encore vivant, non ?
Ah Salé, vieux renard ! Je lui ai répondu que oui, qu'Aira vivait toujours et qu'il était devenu l'un des écrivains argentins les plus importants. Salé a enchaîné en nous disant qu'au milieu des années quatre-vingt, il était rentré à Buenos Aires pour voir sa famille, qu'il avait vécu avec la mère de Carolina et était resté quelques années. Mais qu'avec l'hyper-inflation, il avait décidé de tenter sa chance en Italie, où il avait un groupe d'amis. Il ne s'est pas privé de commentaires politiques.
— Les hommes politiques argentins, alors, toujours tellement changeants. Ces dernières années, c'est tout juste si je n'ai pas perdu mon appartement.
Il n'a pas expliqué pourquoi. Je lui ai demandé de me parler d'Aira.
— Je me souviens que la littérature gauchesca l'intéressait. Moi, jamais intéressé.
Il a livré quelques confidences, agrémentées d'anecdotes et de souvenirs. Carolina souriait. On voyait qu'elle l'aimait comme un père.
— Il a été énormément impressionné que je lui parle de Cervantès. Il m'a dit que les écrivains de sa génération, lui y compris, étaient très ignorants et très provinciaux. Aveu que j'ai ponctué de ce commentaire « raison pour laquelle ils regardent tant vers la France », qui n'a pas été bien reçu, sans doute parce que c'était vrai.
D'après Salé, Aira possédait une grande érudition en matière de fiction argentine et pour les essais français, mais ne connaissait le Quichotte que superficiellement et n'avait « pas la moindre idée de combien les Nouvelles exemplaires étaient géniales. »
— Je me souviens qu'il m’accordait une grande attention. Il écoutait et se laissait surprendre. Il a voulu que je lui fasse une liste d'auteurs. Je me suis exécuté. Il était très jeune. On le sentait ambitieux et motivé. La semaine d'après, il est venu me voir pour avoir une autre liste. Il lisait tout, comme un âne ; il m'a montré quelques notes qu'il insérait dans la marge des livres, il me posait des questions. Nous sommes presque devenus des amis.
Salé a souligné le « presque » avec un toussotement.
— Les personnes avec qui il sortait étaient rares et désagréables. Il paraissait phobique, très préoccupé par la frivolité, et même cancanier. C'était une époque d'effervescence politique, et cela lui déplaisait.
Salé a ajouté qu'une fois où il l'avait convié à une soirée entre amis (que des anciens élèves du Salvador), il était venu « avec une tête de martien ».
— Il est resté un moment dans la cuisine et il est parti. Mais je suis le seul responsable. Je ne sais pas pourquoi je l'avais invité. En plus, je ne l'écoutais pas beaucoup. Vu qu'il me parlait de Blanchot, de Barthes… Ces choses-là ne m'ont jamais beaucoup intéressé.
Puis Carolina s'est levée en annonçant qu'elle allait à la cuisine. Salé en a profité pour sortir de table et s'est dirigé vers un buffet. Il a sorti une bouteille de JB et deux verres. Sans me demander mon avis, il nous a servis et s'est rassis. L'alcool l'a immédiatement détendu. Il était satisfait, égal à lui-même ; on le sentait fier et aussi gonflé de vanité qu'un coq.
Il a alors lancé le dénouement.
— Un jour, je me le rappelle très bien, c'était un mardi, il m'a sollicité pour écrire quelque chose dont nous avions discuté sur la lecture dans le Quichotte. Pour un hispaniste, rien d'extraordinaire. Le Quichotte est une grande machine de lecture, la plus parfaite, la première. Sauf qu'il s'était mis en tête que je devais écrire cet article pour le publier dans une revue à laquelle il contribuait. Apprenant qu'ils payaient une misère, je lui ai répondu que ça ne me semblait pas bien de travailler gratuitement. Je crois qu'il s'est vexé.
— Et ensuite qu'est-ce qu'il s'est passé ?
— Eh bien, je suis parti en Italie.
— Et vous ne l'avez jamais revu ?
— Notre cher petit César ? Non, je ne l'ai plus jamais revu.
Terrible diminutif. Au moment où j'allais lui poser la question de savoir s'il avait lu quelques-uns de ses livres, Carolina est revenue dans la salle à manger. Elle avait fait la vaisselle et apportait le café. En ce temps-là, je ne savais pas encore bien quoi penser de l'énigme Cesar Aira. Maintenant, je sais que c'est un accident de la nature,  un homme génial et aristocratique, qui méprise le talent et toute forme d'inventivité ou d'artisanat dans l'art. Mais à ce moment-là, je l'ignorais et ce que disait Salé a retenu mon attention. Nous n'avons pas reparlé de Aira. Pendant le café, ils discutaient de combien de temps Salé resterait à Buenos Aires et de la visite qu'elle lui rendrait l'hiver prochain. Ensuite, je crois que nous avons bu autre chose, je ne me rappelle pas si Salé a ouvert du champagne ou une boisson dans le genre. Je me souviens parfaitement qu'il est descendu nous ouvrir et a dit quelque chose à propos de son immeuble. Cette nuit-là, nous avons dormi ensemble avec Carolina. Moi, je me suis réveillé très tôt. Le jour était déjà levé et je n'ai pas réussi à me rendormir. Je suis allé jusqu'à la cuisine et ai allumé la radio. Un présentateur de AM donnait la météo et annonçait qu'il faudrait prendre des précautions pour prévenir les coups de chaud.

Juan Terranova
Traduit par Élodie Peeters
(Université de Poitiers)
(Pour le compte du blog de traduction Tradabordo)


martes, 28 de mayo de 2013




lunes, 27 de mayo de 2013

Editorial

1933

Los trágicos hechos que acompañaron la caída de la República de Weimar y el comienzo del Tercer Reich deben mover a reflexión a los argentinos
Hace 80 años el mundo fue testigo, silencioso y tolerante, de la gradual desaparición de una república y, en pocos meses, de la instalación de una dictadura con el apoyo entusiasta de la población y sus fuerzas vivas. La República de Weimar fue reemplazada por un régimen totalitario que concentró en una persona los tres poderes del Estado, eliminó los derechos individuales, controló la justicia, suprimió la prensa independiente y, finalmente, ejecutó el terrible Holocausto.
Salvando enormes distancias, hay ciertos paralelismos entre aquella realidad y la actualidad argentina que nos obligan a mantenernos alerta.
El 30 de enero de 1933, Adolf Hitler asumió como canciller de Alemania, luego de obtener sólo el 33 por ciento de los votos en las elecciones parlamentarias de 1932. El anciano presidente, mariscal Paul von Hindenburg, influenciado por banqueros, industriales, empresarios y terratenientes, creyó que, de esa forma, podría neutralizar al creciente partido nazi. También él pecó de ingenuidad, y Hitler puso en práctica un plan que, en poco tiempo, culminó con la suma del poder público.
En su discurso del 1° de febrero, Hitler profetizó: "Dadme cuatro años y ya no reconoceréis Alemania". De inmediato, logró que Hindenburg disolviese el Parlamento y convocase a nuevas elecciones, lo cual le dio cinco semanas sin control parlamentario. El 4 de febrero obtuvo del presidente un decreto que prohibía las críticas al gobierno y suprimía la libertad de reunión y de prensa de las organizaciones de izquierda, para barrerlas de la contienda electoral.
El 27 de febrero ocurrió el recordado incendio del Reichstag y la atribución de culpas al partido comunista. Hitler forzó entonces la firma de un decreto para la "protección del pueblo y del Estado" suspendiendo las libertades individuales, de expresión, prensa, asociación, reunión y comunicaciones, autorizando a la autoridad política a realizar allanamientos de domicilios, detención de personas y a confiscar bienes privados.
El decreto del incendio del Reichstag se basó en el artículo 48 de la Constitución de Weimar, que autorizaba al presidente del Reich a dictar "decretos de emergencia" invadiendo la función legislativa del Parlamento. Fue la primera herramienta que Hitler utilizó para establecer una dictadura en vida de Hindenburg. A partir de ese momento, se cerraron diarios, se arrestaron opositores, se prohibieron manifestaciones públicas y se creó un clima de persecución política.
En las elecciones del 5 de marzo, el partido nazi logró sólo el 44% de los votos, aunque necesitaba dos tercios para la sanción de una ley que confiriese facultades extraordinarias al gobierno. Mediante el arresto de diputados socialistas y el apoyo de los nacionalistas, Hitler alcanzó esa mayoría y el 23 de marzo el Reichstag sancionó la "ley habilitante" para "solucionar los peligros que acechan al pueblo y al Estado". La norma implicó el "suicidio" del parlamento, al delegar sus facultades en Hitler. La fecha se recuerda como el fin de la República de Weimar y el comienzo del Tercer Reich.
El 13 de marzo Joseph Goebbels asumió como ministro de Propaganda. Su primer discurso en el Día del Trabajo estuvo destinado a seducir a la juventud alemana. El 24 de marzo, Hitler anunció ante el Parlamento la necesidad de una "limpieza en la vida intelectual del país", y ello implicó la confiscación de medios de los partidos socialista y comunista. Goebbels tomó el control inmediato de todas las formas de comunicación de Alemania: libros, revistas, periódicos, reuniones públicas, el arte, la música, el cine y la radio. La noche del 10 de mayo los "camisas pardas" y las "juventudes hitlerianas" allanaron bibliotecas y librerías de toda Alemania y quemaron más de 25.000 libros.
El 3 de abril Hitler estableció la "sincronización" de la prensa. Para poder publicar medios impresos, crear nuevos, darles un nombre, o para designar un nuevo director o jefe de redacción, era necesario obtener un "certificado de confiabilidad política" y este "certificado" sólo lo otorgaba el Ministerio de Propaganda. El 7 de abril, la "cláusula aria" de la "ley del servicio civil" obligó a la expulsión de jueces, abogados y profesores universitarios judíos de sus actividades.
El 2 de mayo se "sincronizaron" los sindicatos. Irónicamente, el día siguiente a la Fiesta del Trabajador. El principal sindicato fue asaltado y sus líderes, encarcelados. Todos los sindicatos fueron obligados a fusionarse con el único Frente del Trabajo Alemán. La "sincronización" del mensaje oficial fue impuesta con las nuevas conferencias de prensa. El 1° de julio pasaron al control del Ministerio de Propaganda y su Gabinete de Prensa. Se hicieron obligatorias para todos los periodistas acreditados en Berlín y reflejaron los temas sobre los cuales la prensa debía informar. En estas conferencias, sin diálogo, se los "educaba" sobre la forma en que debían transmitir las noticias oficiales. La "sincronización" de la política ocurrió con la eliminación de los partidos opositores. El 14 de julio se sancionó la "ley sobre el delincuente habitual", que proporcionó la primera población para los recién instalados campos de concentración, como Dachau, abierto por Heinrich Himmler en el mes de marzo.
Hitler fue el primero en descubrir la importancia del cine para exaltar emociones y crear mitos personales. El 22 de septiembre se profundizó la "sincronización" de la cultura y la prensa. La ley que creó la Cámara Imperial de Cultura otorgó al Ministerio de Propaganda la facultad de establecer corporaciones gremiales de los trabajadores de la cultura y de la prensa. Y así se formaron corporaciones únicas para los escritores, los músicos, el teatro, las artes plásticas, la cinematografía y la prensa, todas bajo el mando de Joseph Goebbels.
La Cámara Imperial de Prensa fue presidida por el célebre Max Amann, ex oficial de las SS, quien dictó numerosas resoluciones para controlar la prensa y desplazar al personal de los medios que se oponían a sus decisiones. Amann levantó un imperio de prensa nazi adquiriendo, confiscando y amedrentando. La casa editorial central (Franz Eher-Nachfolger GmbH) llegó a controlar el 82 por ciento de las publicaciones periódicas. Los diarios y las revistas debían abastecerse de los "materiales periodísticos" provistos por la agencia de noticias oficial. En cuanto al sistema de radio, era controlado tanto en sus contenidos como económicamente por el Estado. A medida que avanzó la guerra, Amann era quien racionaba el papel para los diarios de acuerdo con las conveniencias políticas del nazismo. Este "zar de los medios" no tuvo ninguna formación superior, su nivel cultural era bajo y se caracterizaba por su rudeza y vulgaridad.
El 4 de octubre de 1933 se "sincronizó" en detalle el funcionamiento de los diarios y el trabajo de los periodistas. La ley de prensa reglamentó el comportamiento de los periodistas y del personal de la prensa en general. Para ejercer la profesión se debía tener nacionalidad alemana y ser de "raza aria"; se establecían los temas sobre los cuales no se podía escribir y se hacía obligatoria la afiliación en la Unión Imperial de la Prensa Alemana. La ley también prohibía a los medios fijar políticas editoriales o posiciones ideológicas: estos contenidos los transmitía el Ministerio de Propaganda.
En cuanto a la justicia, Hitler desde siempre odió a jueces y juristas, pues el Estado de Derecho implicaba limitar el principio de autoridad del Führer por encima de todas las normas. Ya en 1933 se dirigió a aquellos advirtiéndoles que "el Estado total no debe conocer diferencia alguna entre la ley y la ética", y que llegaría el día en que esta identidad iba a convertir en innecesaria a la primera. Gradualmente, llevó a cabo la virtual anulación del Poder Judicial a partir de ese año, otorgando mayores facultades a los "tribunales del pueblo", heredados de la República de Weimar, que funcionaban con total arbitrariedad y que en pocos años desplazaron a los juzgados penales de casi toda su esfera de actuación. Estos "tribunales del pueblo" se diseminaron por todas las ciudades alemanas y se convirtieron en otro órgano estatal por medio del cual el nazismo proclamaba sus consignas e imponía el terror en la población.
Todo esto ocurrió en un solo año, hace ochenta. Durante los doce años siguientes, el nazismo continuó su marcha atroz, controlando toda Europa Occidental (salvo Gran Bretaña) y realizando la mayor violación de derechos humanos que recuerda la historia. Es importante que todas las naciones del mundo recuerden cómo surgió ese régimen y las terribles consecuencias que la cobardía o la conveniencia de los dirigentes y el temor o desinterés de la población pueden provocar al debilitarse los valores colectivos y la vigencia plena de las instituciones democráticas.
Salvando, como decíamos, las enormes distancias, los argentinos deberíamos reparar en los rasgos autoritarios que, cada vez con mayor frecuencia, pone de manifiesto el Gobierno, y cobrar conciencia de que es imposible prever cómo puede terminar un proceso que comienza cercenando las libertades y la independencia de los tres poderes del Estado, al tiempo que distorsiona los valores esenciales de la República y promueve enfrentamientos dentro de la sociedad..






jueves, 23 de mayo de 2013



La experiencia desgarradora del amor y la música un día nublado. Estar en la cama. Prender la televisión. Dejar pasar las imágenes sin sonido. Dormirse y despertar. Apilar libros en la mesa de luz. Hablar por teléfono. ¿Qué día de la semana es? Salir a la calle. Tomar un taxi. Ingrese su número de celular. La tarjeta de crédito no tiene cargo. La contraseña no es la correcta. Deje su mensaje después de la señal. 


http://www.youtube.com/watch?NR=1&v=2WmzdiQ4HQs&feature=endscreen

Ana Botella obliga al zoo de Madrid a poner ropa interior a los animales

Por Xavi Puig
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botella
La alcaldesa de Madrid quiere que los niños católicos puedan disfrutar del zoológico de Madrid “sin estar viendo genitales todo el rato”.
Por este motivo, obligará a los responsables del recinto a colocar ropa interior a todos los animales que en él se exhiben.
Nuestro reportero Biel Perelló informa de esta polémica medida desde el zoo de la capital:

miércoles, 22 de mayo de 2013


[Micro-excursiones] es un cuestionario que va en busca de escritores, con el fin de conocer sus ficciones personales. Es una adaptación, algo transgredida, del cuestionario Proust. Las preguntas son simples e impersonales, pero a la vez pretenden ser un disparador. Es el primer cuestionario en donde las preguntas no importan. El merito y la inventiva corre por cuenta de los escritores.

[Autosemblanza

Mi nombre es Juan Terranova. Me dedico a la crítica literaria y sus derivados. Trabajo en el Centro de Estudios Contemporáneos. DirijoRevista Tónica. Mi último libro es de relatos y se llama Instrucciones para dar el gran batacazo intelectual argentino. Salió en papel por Reina Negra, una editorial de La Plata, y se puede descargar gratis en formato digital de acá.

[Micro-excursiones]

1. ¿Qué condiciones se tienen que dar para que empieces a escribir?
Tengo que tener Internet. Me siento desnudo y con frío si no tengo Internet.

2. ¿Cuál es tu héroe o antihéroe de ficción favorito?
Nippur de Lagash.

3. ¿Qué talento desearías tener?
El talento del dinero.

4. ¿Cuál es tu posesión más atesorada?
Una frase que una vez escribió Anne Enright: “Sólo un escritor muy malo piensa que su libro es muy bueno”.

5. ¿Cuál es para vos la manifestación más clara de la miseria?
Un editor que no lee. Un escritor que no escribe. Un periodista promedio.

6. ¿Cuál es la cualidad que aprecias más en una mujer?
“A la mujer cuando es buena no hay plata con qué pagarle, pero cuando sale mala, no hay palo con qué pegarle” cantaba Alfredo Zitarrosa, un hombre de la cultura.


7. ¿Cuál es la cualidad que aprecias más en un hombre?
Que entienda en toda su dimensión la poesía de Electric Retard.

8. ¿Cuál es habitualmente tu estado mental?
Entre la concentración productiva y la dispersión total.

9. ¿Cuál es tu idea de felicidad?
Que no me hinchen las pelotas.

10. ¿Cuál es tu mayor miedo?
El gran componente de azar que hay en el mal.

11. ¿Cuándo y dónde fuiste más feliz?
Nadando con mi hija los veranos que pasé con ella.

12. ¿Qué libro que hayas leído te hubiera gustado escribirlo vos?
Digo tres: El asesino de chanchos de Luciano Lamberti. Ema, la cautiva de César Aira.Operación Masotta de Carlos Correas.

13. ¿Cuál es el peor libro de la última década?
Hay varios peores. Muy pero muy mala es El buen salvaje, la biografía que sacó Sudamericana sobre Guillermo Moreno. Ese libro también me habría gustado escribirlo a mí, pero lo habría hecho seguro un poco mejor, porque peor es imposible.

14. ¿Qué texto (cuento, libro o nota periodistica) no volverías a publicar? ¿Por qué?
El pornógrafo. Está quedando muy viejo, no lo terminé bien, le faltó horno, le faltó negatividad.El bailarín de tango tampoco me parece gran cosa, aunque está un poco mejor. A Lejos de Berlín le faltó corrección, mucha corrección. Juan Sasturain y Ricardo Romero, sus editores, se portaron mal conmigo. Les pasé un borrador porque me apuraban y publicaron eso sin que lo viera un corrector ni dejandome verlo a mí. Les deseo a ambos que se mueran de SIDA. A El vampiro argentino que salió en España también le faltó un poco de trabajo, sobre todo con el malo que me quedó duro, medio Robocop.

15. ¿Qué disco te hace sonreír?
Mingus 5 de Charles Mingus.

16. Si sufrimos un ataque de Godzila y tenés la oportunidad de salvar de sus garras a una banda o músico, ¿a quién salvarías?
Salvaría al cadáver de Spinetta y roería sus huesos secos buscando inspiración. Y salvaría a Natalie Imbruglia para repoblar la tierra. Eros y Tanatos hasta el el último minuto del apocalipsis.

18. Si después de muerto volvés convertido en zombie ¿a quién morderías primero?
Contagiaría a mi amigo socialista Francisco “Gogui” Marzioni y después iríamos golpeando juntos las puertas de todos ustedes. Seríamos Don Quijote y Sancho Panza zombie.

19. En tu última obra ¿encontraste la palabra justa para decir lo que querías?
No, pero las palabras injustas también sirven.

[Contacto]
Facebook: juan.terranova
Twitter: @juanterranova

lunes, 20 de mayo de 2013





viernes, 17 de mayo de 2013


"Justicia". Acrílico sobre madera. Juan Carlos Toressi. 2012.

jueves, 16 de mayo de 2013




Los hijos lentos del legislativo, familia disfuncional pegada por la resaca.
Sargent Pepper de la desesperación y el arribismo.

viernes, 10 de mayo de 2013


 - 10 de mayo de 2013 - 14:47

El Papa cree que hay cristianos con "cara avinagrada"

Francisco opinó que el cristiano debe ser un hombre "gozoso" y con "una vida bella". De lo contrario, la cara transmite "aquella nostalgia, aquella melancolía que no es sana".
El papa Francisco sostuvo este viernes que el cristiano tiene que ser un hombre "gozoso", porque sabe que Jesús está con él, pero que hay muchos cristianos melancólicos "que tienen más cara avinagrada que la gozosa de los que tienen una vida bella".

El Pontífice hizo estas manifestaciones en la misa que celebró en la capilla de la residencia de Santa Marta, donde se aloja, en cuya homilía afirmó que el gozo del cristiano "no es la alegría que proviene de un momento, sino un don del Señor que llena el interior."

Francisco agregó que el gozo es más profundo que la alegría, ya que ésta, "si queremos vivirla en todo momento, al final se transforma en ligereza, superficialidad, y también nos conduce a aquel estado de falta de sabiduría cristiana, nos hace un poco tontos, ingenuos".

El gozo, precisó el obispo de Roma, es como "una unción del Espíritu y se encuentra en la seguridad de que Jesús está con nosotros y con el Padre".

Bergoglio se preguntó si el gozo se puede "embotellar, para tenerlo siempre con nosotros", y dijo que no, "ya que si queremos tenerlo solo para nosotros al final se enferma y nuestro corazón se encoge un poco, y nuestra cara no transmite aquel gran gozo sino aquella nostalgia, aquella melancolía que no es sana".

"Algunas veces estos cristianos melancólicos tienen más cara avinagrada (peperoncini all'aceto, según sus palabras) que la gozosa de los que tienen una vida bella. El gozo no puede estancarse: debe avanzar", aseguró.

El pontífice añadió que el gozo es una" virtud peregrina, que camina con Jesús y supone predicar y anunciarlo".

"Es propiamente una virtud de los grandes, de aquellos grandes que están por encima de las mezquindades, que están por encima de las pequeñeces humanas, que no se dejan involucrar en aquellas pequeñas cosas internas de la comunidad, de la Iglesia: miran siempre al horizonte", subrayó.

Desde que fue elegido papa, el argentino Jorge Mario Bergoglio oficia todos los días misa en la capilla de la residencia de Santa Marta, a la que asiste el personal que presta servicio en elVaticano, así como cardenales, obispos y religiosos.

A la misa de hoy asistieron el arzobispo de Mérida (Venezuela), Baltazar Enrique Porras, el abad primado de los benedictinos, Notker Wolf, y empleados de Radio Vaticano.

jueves, 9 de mayo de 2013


viernes, 3 de mayo de 2013



Calle Corrientes. Abasto. Viernes. 21.30 horas. La resistencia.

miércoles, 1 de mayo de 2013

Zizek/Bartleby